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PARACHAH (Partie) BECHALLAH. IL RENVOYA-LAISSA ALLER

PARACHAH (Partie) BECHALLAH. IL RENVOYA-LAISSA ALLER

10/02/2017 02:02

PARACHAH : « BECHALLAH »  (Il renvoya-laissa aller)  
Shabbat 11 février 2017 Commentaire de 2011 
Lectures : 
Parachah : Chémoth /Exode 13 :17 à 17 fin
Haftarah : Chophétiym/Juges 4 :4 à 5 fin
Bérith Hadachah : Hiyzayon/Apocalypse 12 

 

 

Pensée :

« YHVH dit à Moshéh : Me voici Je vais faire pleuvoir pour vous du pain depuis les cieux, le peuple sortira et récoltera la parole (chose) du jour en son jour pour que Je l’éprouve s’il marche dans ma Torah ou non » Ex 16 :4

Dans la version hébraïque le pain « léhem » qui descend du ciel, devient « davar » ce qui signifie simultanément : chose et parole… Voila bien un aspect qui nous échappe dans nos traductions. La parole sera-t-elle respectée ? YHVH le verra à travers cette chose, la nourriture du ciel ! Comment ? Au septième jour, à Shabbat, lorsque nous respecterons ou non le jour de YHVH… Et qui est le véritable « pain du ciel » sinon Celui qui est le Maître du shabbat !

 


Rappel : les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua. 
Résumé de la parachah 

 


Peu après avoir laissé les enfants d’Israël quitter l’Égypte, Pharaon les pourchasse pour les forcer à revenir et les Israélites se retrouvent pris au piège entre l’armée égyptienne et la mer des joncs. La mer s’ouvre pour laisser passer les Israélites et se referme sur les poursuivants égyptiens. Moshéh, puis Miryam, entonnent un cantique de louanges et de reconnaissance à Élohim. Voilà pourquoi ce Shabbat est aussi appelé « Shabbat Shirah », le shabbat du chant/cantique.  
Dans le désert, le peuple souffre de soif et de faim et se plaint à plusieurs reprises auprès de Moshéh et d’Aharon. Élohim adoucit les eaux amères de Marah, puis fait couler de l’eau d’un rocher. Il fait également tomber de la manne chaque matin avant l’aube et des cailles apparaissent dans le camp hébreu au soir. Il est commandé aux Israélites de récolter une double portion de manne chaque 6ème jour (vendredi), car celle-ci ne tombera pas le Shabbat, le jour de repos décrété par Élohim.  
À Réfidim, les bnéi Yisraël sont attaqués par les Amalécites, qui sont vaincus par les prières de Moshéh et une armée levée par Yéhoshoua/Josué.  
Le Shirah hayam/ le chant de la mer  
« Moshéh et les Israélites chantèrent en l’honneur de YHVH le cantique que voici : Je veux chanter en l’honneur de YHVH: il a remporté une victoire éclatante, il a jeté à la mer chevaux et cavaliers ! Ma grande force, c’est YHVH, il est venu à mon secours. Il est mon Élohim, je le louerai … Alors la prophétesse Miryam, sœur d’Aharon, prit son tambourin. Toutes les femmes d’Israël la suivirent en dansant au son des tambourins. Miryam reprenait devant elles le refrain : Chantez en l’honneur de YHVH: il a remporté une victoire éclatante, il a jeté à la mer chevaux et cavaliers ! » (Exode 15 :1 et 20) 
Le chant est aussi une prière sur le chemin de la rédemption, une invitation constante et prophétique à grandir le Nom d’Élohim, ainsi que l’exprime le prophète Isaïe :  
« Il y aura pour vous un chant comme dans la nuit où l’on sanctifie une fête, et une joie de cœur comme a celui qui va avec une flûte pour se rendre à la montagne de YHVH vers le rocher d’Israël » (Isaïe 30 :29). 
On peut lister dix chants importants dans l'histoire d'Israël, dix occasions où l’expérience de la délivrance trouva son expression dans la mélodie et les paroles poétiques. Les neuf premiers furent les chants qui retentirent à compter de la fuite d'Égypte, jusqu’à l’instauration d’une royauté unique sur Juda et Ephraïm, encore unis :
 
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- le cantique de la Mer (Shirah hayam, Exode 15 : 1-21), doublé par Miryam 
- le chant du puits (Nombres 21 : 17-20), 
- le chant de Moshéh quand il eut accompli l'écriture de la Torah (Deutéronome 31-32), 
- le chant par lequel Yéhochoua/Josué arrêta le soleil (Josué 10 : 12-13), 
- le chant de Dévorah / Débora  (Juges 5),
- le chant du roi David (2 Samuel 22), 
- le chant d'inauguration du Beth Hamiqdach/Temple (Psaumes 30)  
- et le Cantique des Cantiques du Roi Salomon, exprimant l'amour entre le fiancé divin et son épouse Israël. 
Le dixième et dernier chant sera le Chir ‘Hadach : le « nouveau chant » de la rédemption ultime, une rédemption qui se veut entière et absolue, une rédemption qui annihilera toute la souffrance, l'ignorance, la jalousie et la haine de la surface de la terre. Une rédemption qui prendra de telles proportions que l'impatience qu'elle suscite et la joie qu'elle apporte requièrent un « chant nouveau », et un vocabulaire musical tout à fait original.  
L’intuition d’hommes pieux de la Torah, exprimée à ce sujet est notable. Nous connaissons et attendons tous l’expression originale de cet ultime chant, annoncé par Yohanân dans le livre de la révélation de Yéshoua HaMashiah, appelé le livre de l’Apocalypse. 
« Ils chantaient le cantique de Moshéh, le serviteur d’Élohim, et le cantique de l‘Agneau : Grandes et admirables sont tes œuvres, Seigneur Élohim tout-puissant. Justes et véritables sont tes voies, Roi des nations. 1 » (Apocalypse 15:3)   
Il est remarquable de noter que ce 10ème et dernier chant sera chanté encore à l’occasion d’une « sortie », la dernière sortie des enfants d’Élohim, frères de Yéshoua, dernière sortie de Sodome/Egypte/Babylone accompagnée de jugements semblables à ceux qui s’abattirent sur Pharaon. Sans le savoir, sans reconnaître pour l’instant les vérités des livres de la nouvelle Alliance, le commentaire rabbinique n’annonce pas autre chose à ce sujet que la prophétie du Livre de l’Apocalypse. Demain, dans un temps proche, à leur tour convaincus par Yéshoua, ils chanteront enfin associés au tout Israël en Yéshoua, ce que le Roi « David HaMélekh » a consigné dans le Psaume 30, pour dédicacer la « Maison d’Élohim » : 
« Mizmor chir hanoukat abayit lédavid … YHVH Élohaï leôlam odéka » : cantique dédicace de la maison / du Temple de David : YHVH Mon Élohim, je te célébrerai à tout jamais. 
Le chant de rédemption le plus célèbre des 9 chants existants sur les dix est Shirath hayam, le « Cantique de la mer » chanté par Moshéh, Miryam et les enfants d'Israël après qu’ils eurent traversé la Mer des joncs.
 Les enfants de Juda récitent ce chant chaque jour dans leurs prières du matin et le lisent publiquement à la synagogue deux fois par an : le septième jour de Péssah pour marquer l’anniversaire du miracle de la Mer des joncs et à l’occasion des lectures hebdomadaires de la Torah. Ce Shabbat se distingue alors comme Shabbat Shirah, le « Shabbat du Cantique ». 
Miryam, la sœur aînée de Moshéh et d'Aharon, suscita et dirigea ce « cantique de la mer », Miryam qui avait été appelée « amertume » (mar en hébreu signifie amer) parce qu'au moment de sa naissance, le peuple hébreu était dans la phase la plus difficile de l'exil égyptien. Miryam et son chœur féminin apportèrent au « cantique de la mer » toute l'intensité de leur expérience de l'amertume de l'exil. Leur amertume avait été beaucoup plus intense que celle des hommes et c'est pour cette raison que leur joie s'exprima spontanément avec encore plus d'intensité par les tambourins et les danses. 
                                                 1 Avis aux musiciens auteurs-compositeurs : les paroles de ce cantique ne sont pas données pour être lues mais pour être mises en musique et chantées ! 
 
 3
Quelle sera la joie de tous ceux qui bientôt passeront dans le Royaume, lorsque le Mashiah régnera, et qui chanteront le cantique de Moshéh et de l’Agneau ! Estimons qu’elle sera vécue avec autant sinon plus d’intensité.  
Les ossements de Yossef  
« Et Moshéh prit les ossements de Yossef avec lui » pour donner suite à la demande expresse et aux paroles du vice-roi d’Egypte retranscrites en genèse 50 :25 :  
« Et Yossef fit prêter ce serment aux fils d’Israël : Quand Élohim vous visitera, vous emporterez d’ici mes ossements. » 
L’expression employée - « ossements de Yossef » - a une résonance un peu étrange, macabre, lugubre mais il s’agit bien du mot employé par Yossef lui-même avant qu’il ne meure : pourquoi la Torah a-t-elle mis l’accent sur ces os et pour quelle leçon ?  
En hébreu, le mot pour « ossements » (atsamoth) est étymologiquement très proche du mot qui signifie « essence » (atsmiouth). Si les ossements de Yossef renvoient au squelette et à son corps, l’essence de Yossef évoque son souffle. Quand Moshéh prit le cercueil contenant les restes du corps de Yossef pour l’enterrer en Éréts Israël, il prit également, symboliquement et pour témoignage, l’essence et le souffle qui animaient Yossef. 
Qu’est-ce que cela nous enseigne ? À sa naissance, Yossef reçut son nom de sa mère, Rahel, qui s’exclama : « Que Élohim m’ajoute un autre fils !», Yossef signifiant « ajouter ». Ce verbe exprime le sens profond du nom de Yossef et de son être tout entier. Aider chaque personne à s’ajouter et à se greffer sur le peuple des Israélites et des « craignants» Élohim sortis d’Égypte.  
Telle est l’essence de Yossef et l’héritage spirituel qu’il rappelle à Moshéh et à l’ensemble du peuple : « il faut se consacrer à faire de l’autre un fils ». Là-bas, installés en terre promise où coulent le lait et le miel, il conviendra d’aller chercher ceux qui sont loin et les rattacher à ceux avec qui Élohim va bientôt faire Alliance.  
Souvenons-nous que Yossef avait déjà prêté serment à son père Yaaqov, lui promettant de l'enterrer en terre d'Israël. Ce qu’il fit promptement. Élohim le récompensa par la suite, par l'intermédiaire de Moshéh. Moshéh, quant à lui, mérita, grâce à cet acte/mitsvah au bénéfice de Yossef, d'être enseveli par Élohim lui-même. Ceci nous apprend qu’Élohim se conduit envers l'homme tel que ce dernier se conduit envers son prochain. 
Enfin, c’est aussi pour rappeler l’action de Yossef au profit de l’Egypte que les enfants d'Israël s'activèrent à dépouiller de ses richesses. Il fallait témoigner auprès de Pharaon que c’est Yossef qui, en son temps, avait subvenu aux besoins de l'Egypte lors de la famine, grâce aux réserves de nourriture qu'il avait emmagasinées.  
Mais le peuple ne pouvait sortir qu’avec les seules richesses matérielles d’Egypte. C’est pourquoi Moshéh décida d’emporta avec lui, et pour eux, les richesses spirituelles « matérialisées » par l’emblématique sarcophage de Yossef. Les valeurs morales de Yossef seront nécessaires pour obéir aux commandements aurait pensé Moshéh (selon le propos d’un commentateur ukrainien en 1810).  
Le Psaume associé à notre parachah est le Psaume 114 qui revient sur tous les épisodes de notre récit. Il y est notamment stipulé :  
« Quand Israël sortit de l’Egypte … la mer LE vit et se mit à fuir, le Jourdain retourna en arrière. »  
Ce psaume lie intimement deux évènements : celui de la sortie d’Égypte quand la mer se retire et celui de l’entrée en Kénaan quand le Jourdain s’arrête et se met à sec. 
 
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Nous ne pouvons pas ici ignorer un autre évènement de même nature mais encore à venir et relaté dans la portion de l’Alliance renouvelée en lien avec notre Parachah :  
« De sa gueule, le serpent lança de l’eau comme un fleuve derrière la femme, afin de la faire entraîner par le fleuve. Mais la terre secourut la femme, elle ouvrit sa bouche et engloutit le fleuve que le dragon avait lancé de sa gueule.» (Apocalypse 12 :15)    
Quelle est la nature de ces eaux englouties par la terre pour laisser la femme rejoindre son lieu au désert ? Remarquons ici que les eaux ne reculent pas devant cette « femme » comme les eaux reculèrent devant l’avant-garde et le cercueil de Yossef. Au contraire, ces eaux attaquent ceux de cette sainte congrégation « femme » et la terre vient à leur secours. Le phénomène est donc ici différent tout en présentant une conclusion similaire : l’eau disparait et le sec apparait. (Voir Noé) 
La dernière génération avant la venue du Mashiah vivra-t-elle la répétition de ce qu’a vécu la génération de l'Exode dans des circonstances analogues ? Nous sommes d’accord avec cette question-intuition dans la mesure où les troupes du Mashiah - avant son retour - sont également appelées à « sortir », et pour une partie d’entre elles attendues au désert pour y être nourries 1260 jours. Les plaies, fléaux, et autres jugements prononcés par les 2 témoins sont de même nature que ceux maitrisés par Moshéh et Aharon. Assurément, cette génération va revivre une épopée incroyable pour finalement chanter le cantique de Moshéh et de l’Agneau.  
Une autre connexion prophétique nous interpelle en lien avec cette question des ossements de Yossef rapatriés en Éréts-Yisraël : au-delà du message pédagogique évoqué ci-dessus, pourquoi disposer ces ossements du Père d’Ephraïm et de Ménashéh sur la terre des futurs prophètes d’Israël ? Peut-être pour que se fonde « un socle spirituel » bien ancré sur la terre d’Israël de cette incroyable prophétie des os secs, reçue par Ezéchiel. Ceci est une proposition de lecture.   
« Alors il me dit : Prophétise sur ces os, et dis-leur : Os secs, écoutez la parole de YHVH Ainsi a dit le Seigneur, YHVH à ces os : Voici, je vais faire entrer en vous le Souffle et vous vivrez… C’était une fort grande armée. Et il me dit : Fils de l’homme, ces os, c’est toute la maison d’Israël… » (Ezéchiel 37 :4-11)  
Suit une deuxième prophétie sur les deux bâtons de Yéhoudah (Juda) et d’Éphraïm réunis en un seul. Voilà une autre raison de la présence des ossements de Yossef en Israël. Ces ossements - et donc l’essence, le souffle qui les accompagne symboliquement et prophétiquement - doivent « revivre » pour permettre la réunification du tout Israël. Or, Yossef a cédé la place à Ephraïm. Il appartient donc à ceux d’Ephraïm - une grande armée - d’être l’un des deux acteurs de cette prophétie essentielle pour notre temps.  
Moshéh a rapporté les ossements de Yossef à la demande de ce dernier, pour que puisse se réaliser cette prophétie et se constituer cette grande armée par le retour de ceux d’Ephraïm aux côtés de ceux de Yéhoudah. (Effectivement, si les os de Yossef avaient été laissés en Égypte, ce seul symbole aurait suffi pour que des commentateurs ségrégationnistes décrètent la séparation absolue entre Yéhoudah et Yossef/Éphraïm) 
Le passage de la mer 
Ne revenons pas sur l’aspect narratif de cet épisode hallucinant et grandiose. Analysons un aspect peu connu en marge de cet évènement central qui créa et unifia les 12 tribus en un seul peuple. Pharaon avait préparé ses chars et tous les hommes d'Egypte se mirent sur le pied de guerre.  
Des commentateurs racontent qu’entouré par les Egyptiens et face à la mer, le peuple Hébreu était partagé en 4 avis différents : 
(A) Le premier était composé des tribus de Ruben, Siméon et Issacar, qui pensaient se jeter dans la mer, car ils craignaient les Egyptiens. « Mieux vaut se jeter à la mer que de se rendre ». 
 
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(B) Le deuxième groupe était composé des tribus de Zabulon, Benjamin et Nephtali qui pensaient retourner en Egypte. « Mieux vaut se rendre que de se jeter à la mer ».  (C) Le troisième groupe comprenait les tribus de Juda et Yossef (intéressant, ndlr !). Ils voulaient se battre et faire la guerre contre les Egyptiens.  (D) Le quatrième groupe était constitué des tribus de Lévi, Gad et Aser qui commençaient à dire des prières.  
A ces quatre « tendances », Moshéh répondit d’un bloc :  
« Moshéh répondit au peuple : Soyez sans crainte, restez en place et voyez comment YHVH  va vous sauver aujourd’hui (groupe A) ;  car les Égyptiens que vous voyez aujourd’hui, vous ne les verrez plus jamais (groupe B). YHVH combattra pour vous (groupe C) ; et vous, gardez le silence (groupe D). » (Exode 14 : 14)  
Alors Moshéh se leva et pria. Mais YHVH lui dit alors : « Pourquoi pries-tu vers moi ? Parle aux enfants d'Israël qu'ils se mettent en marche ! ». Élohim reproche à Moshéh de tergiverser encore et de perdre un temps précieux face à l’adversité qui s’organise. N’y-a-t-il pas un temps pour la prière et un temps pour l’action par la Foi ? Après l’étonnante réponse éclairée que Moshéh avait faite aux bnéi Yisraël, il n’y avait plus aucun doute sur la suite des évènements et il ne convenait pas de semer davantage le doute en s’arrêtant à nouveau pour prier, réfléchir et attendre une ultime confirmation. 
A un moment précis de notre histoire personnelle et collective, dans le genre d’épisode aussi sensible et urgent que celui d’un « passage de la mer » par la foi, Élohim attend que NOUS nous mettions en marche sans attendre,  en cessant nos tergiversations, en cessant de réfléchir à toutes les sécurités, à savoir si tout est bien en place, mais en ayant confiance malgré une situation catastrophique à vue humaine. 
La mer se fendit alors en deux, tous les Égyptiens y moururent. Élohim bloqua les roues des chars, qui n’avancèrent plus que difficilement. Alors les Égyptiens s’écrièrent : « Fuyons loin des Israélites, car le Seigneur combat avec eux contre nous ! ». Cette situation militaire renvoie et trouve un écho particulièrement intéressant dans l’épisode de la Haftarah associée (Juges 4) mais également dans la vision prophétique décrite avec précisions par Zacharie :  
« Alors YHVH s’en viendra guerroyer contre ces peuples, comme jadis il guerroya au jour de la rencontre… » (Zacharie 14 :3)  
Attendons-nous à ce que les roues des chars soient encore bloquées, demain, face aux remparts de Jérusalem !  
La manne et le Shabbat 
Notre Parachah nous parle de la manne, la nourriture providentielle que reçut le peuple tout au long des années qu’il passa dans le désert. La « manne / pain quotidien » possède un lien tout particulier avec le Shabbat. Les jours de la semaine, chaque matin, les bnéi Yisraël trouvaient la manne sur le sol, en dehors du camp. Ils la ramassaient et la consommaient durant la journée. S’ils tentaient de la garder pour le lendemain, elle moisissait.  
« Voici ce que YHVH a ordonné : Que chacun de vous en ramasse ce qu’il faut pour sa nourriture, un omer par tête, suivant le nombre de vos personnes ; chacun en prendra pour ceux qui sont dans sa tente. »  
Le verset 16 du chapitre 16 contient tout l’alphabet hébraïque2. Ceci nous enseigne qu’à celui qui accomplit la Torah, (la Parole de Aleph à Tav, et n’oublions pas que le Seigneur Yéshoua dira : « Je                                              suis l’Aleph et le Tav »), Élohim lui offre son pain quotidien, ni plus, ni moins, comme au temps de la manne. Le « vendredi » de la semaine, chaque famille découvrit qu’elle en avait reçu une double portion. Cette double portion était destinée au Shabbat : ce fut là la première occasion réelle pour le peuple d’observer le Shabbat. En souvenir de la manne, nous posons deux Halloth (les pains de Shabbat) sur la table du Shabbat.  
« Le sixième jour, lorsqu'ils prépareront ce qu'ils auront apporté, il se trouvera le double de la récolte de chaque jour. » (Exode 16 : 5) 
Pain « Léhem » en hébreu a une valeur guématria de 78. Deux pains font donc 156, la valeur du nom de Yossef. La double portion « ajoutée » en l’honneur du Shabbat renvoie dès lors à l’essence de Yossef qui « ajoute » aux enfants d’Israël. Yossef ajouta deux fils à Yaaqov-Israël : Éphraïm et Ménashéh. C’est en Égypte, pays où Yossef a effectivement et remarquablement géré les stocks de céréales pour qu’il n’en manque point, que naquirent ses deux fils. Ces deux pains de Shabbat renvoient donc également par analogie symbolique, aux deux fils de Yossef : Ephraïm et Ménashéh.  
Et que devient Yéhoudah/Juda ? Rétorqueront les plus judéo-centristes ? Yéhoudah est aussi présent sur la sainte table de Shabbat ; souvenons-nous de la bénédiction-prophétie du patriarche Jacob-Israël :  
« Juda liera son ânon à la vigne, et vous attacherez, mon fils, votre ânesse au cep de la vigne. Il lavera sa robe dans le vin, et son manteau dans le sang du raisin. Ses yeux sont plus beaux que le vin… ».  
Un commentaire dit à ce propos : « Le patriarche Yaaqov prophétise que sur la terre de Yéhoudah le vin coulera comme d’une fontaine ; un seul pied de vigne fournira le chargement d’un âne et les seuls raisins de la treille suffiront à la charge d’un ânon ». 
A travers la bénédiction shabbatique du vin puis du pain, il est remarquable de noter que les deux symboles relatifs à Yéhoudah et à Yossef/Éphraïm sont réunis comme les deux bâtons d’Ézéchiel, et président à l’entrée dans le Shabbat. C’est peut-être à tort et dans une attente prophétique inconsciente que la tradition juive cache et sépare le pain de la vue du vin par un linge. (Je ne peux pas te voir car je ne te reconnais pas … pas encore, comme Yéhoudah ne reconnut pas de suite son frère Yossef transformé par tant d’années de vie égyptienne).  
Il est encore plus remarquable de noter que l’Adon Yéshoua, à l’occasion du repas précédant le Séder de Péssah, bénit premièrement sur le pain puis la coupe du vin, à la façon de Mélkiy Tsédeq, faisant implicitement, par référence à l’analogie précédente, d’Éphraïm un premier-né, conformément  aux paroles du prophète Jérémie :  
« Ils viennent en pleurant, et je les conduis au milieu de leurs supplications ; je les mène vers des torrents d'eau, par un chemin uni où ils ne chancellent pas ; car je suis un père pour Israël, et Éphraïm est mon premier-né. » (Je. 31:9)  
Cette dernière proposition de lecture (un commentaire parmi tant d’autres si nous y sommes autorisés) ne fera vraisemblablement pas l’unanimité : elle reste soumise à la critique constructive du lecteur qui ne se privera pas d’alimenter le débat par sa propre sensibilité.  
Un dernier indice : notre Seigneur et Salut est descendant de Yéhoudah (le vin) par David, mais IL est né à Béthléhem, la maison du pain (Lui qui des deux en a fait UN) , là où Yaaqov-Israël a enterré son épouse favorite Rahel qui a appelé Yossef : « Que Élohim m’ajoute un autre fils ! » 
Quel est ce fils ajouté qui vit le jour à Béthléhem ? (voir Michée 5 :1-3) 
Shabbat shalom vé shavoua tov. 

 

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