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LA PARACHAH (PARTIE DE LA SEMAINE) : « VAYYIQRA » (IL appela)

LA PARACHAH (PARTIE DE LA SEMAINE) : « VAYYIQRA » (IL appela)

30/03/2017 17:17

LA PARACHAH (PARTIE DE LA SEMAINE) : « VAYYIQRA » (IL appela)

 

Shabbat 1 avril 2017 Commentaire de 2010-16

 

Lectures :

 

Parachah (LA PARTIE): Vayyiqra’/Lévitique 1 :1 à 5 :26

Haftarah : Shémouel A/ I Samuel 15 :1-34

Bérith Hadachah (LA NOUVELLE ALLIANCE) : Qorinthiyym B/II Corinthiens 6 à 7:1

 

Rappel : les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua

 

Résumé de la Parachah

 

YHVH appelle Moshèh depuis la tente de la rencontre et lui expose le mode opératoire des différents sacrifices (qorbanoth) selon les cas répertoriés offerts soit volontairement, soit suite à une faute, le service s’effectuant dans le cadre du tabernacle et par l’office des sacrificateurs.

 

 

Une remarque de fond

 

« YHVH appela (vers) Moshéh et lui parla de la tente d’assignation …» (Lé. 1 :1)

 

« Les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent… » (Jean 10:3)

 

Ces deux versets illustrent combien le Père connaît chacun de ses enfants, comme le Fils connaît chacun de ses frères et sœurs par leur nom. Quelle félicité de comprendre que les enfants d’Élohim ne sont pas des anonymes, car nous avons de l’importance aux yeux de notre Élohim et de son Messie, importance entendue de notre cœur qui recherche et vit subtilement la proximité tant désirée. Tout le contenu du livre de « Lévitique », qui semble très technique et rébarbatif de lecture, n’a pour objet que la recherche du rapprochement de l’homme et d’Élohim, par une réconciliation complète vécue dans un relationnel confiant. Le service au tabernacle était donc et sans ambiguïté capable de « préparer des cœurs bien disposés » à la venue du Messie.

 

Tous les sacrifices avaient pour objet de soigner la relation personnelle avec Élohim. Si la relation était bonne, alors la recherche de son maintien s’entretenait par les offrandes volontaires. Si la relation était dégradée à cause d’une faute, la réparation se ferait.

 

Par amour, le Père a donné « un chemin de recours » pour éviter à tout prix une plus grande rupture, et favoriser le retour à Élohim par une pédagogie de l’intériorisation de la notion du « sacrifice » « Qorban » ; ou autrement dit : «savoir, vouloir, pouvoir par amour se rapprocher de tout son être d’Élohim Lui-même et de son prochain qui est l’image d’Élohim».

 

En effet, en hébreu « sacrifice » se dit : Qorban, ce mot signifie « rapprochement ». Nous sommes loin de la notion moderne du mot sacrifice qui serait de se priver à contrecœur de quelque chose d’essentiel.

2

Le mot Qarov qui signifie « proche » et le mot Qéravaïm qui signifie « les entrailles » sont de la même racine que le mot Qorban.

 

Nous comprenons immédiatement qu’offrir un sacrifice - Qorban - c’est vouloir se rapprocher d’Élohim avec tout notre être interne. Le Qorban a pour objectif de « réparer » ce qui nous sépare encore d’Élohim. C’est ce qu’Abel a vu et fait prophétiquement en vision de l’Agneau qui ôte le péché, qui « répare » ce qui nous éloigne d’une pleine union, car notre Père a le péché en horreur et veut notre sainteté. Sainteté, objet central de toutes les prescriptions déclarées du livre de « Vayyiqra » Lévitique :

 

« Tu leur diras : Vous serez saints, car je suis saint, moi, YHVH , votre Élohim. » (Lévitique 19:2)

 

Une seconde remarque :

 

Les titres des cinq premiers livres de la « Torah de YHVH» sont évocateurs de la volonté de notre Élohim d’entretenir une relation personnalisée, intime, d’amour envers tous ceux qui Lui sont dus. Les cinq titres des livres du pentateuque, mis ensemble et dans l’ordre, forment la phrase suivante :

 

Au Commencement, les Noms, IL Appela, Dans le Désert, les Paroles (IL donna)

 

Cette phrase est la traduction des titres de Genèse [Béréshiyth - commencement], Exode [Chémoth - noms], Lévitique [Vayyiqra - IL appela], Nombres [Bémidbar - dans le désert] , Deutéronome [Dévariym - les paroles].

 

Cet « Hypertexte » fait de titres, qui échappe à une lecture simple, nous confirme s’il le fallait que dès le commencement YHVH nous connaît. N’est-ce pas rassurant ?

 

« En lui, Élohim nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui. Dans son amour… » (Ep. 1:4)

 

Un livre central

 

Dans les cinq livres de la Torah, le livre du Lévitique ou séfer Vayyiqra’ est en troisième position, position centrale parmi les cinq livres attribués à Moshéh. Tout est harmonie dans la Parole, et cette organisation n’est pas un hasard. Mais c’est aussi le livre le plus court, comme pour signifier que le culte sacrificiel n’est pas une fin en soi (859 versets pour le Lévitique contre 1534 versets pour le Béréchiyth par exemple…).

 

Remarque : le judaïsme a comptabilisé 98 parties différentes dans le livre de Vayyiqra, dont 52 dites « ouvertes », c’est à dire séparées par un espace, là où les autres parties ne le sont pas et s’enchaînent sans espace.

 

Or, 52 est la guématria du mot BéN (Fils) et 98 celle du mot TSaH (Pur, éblouissant de blancheur) comme dans le verset du Cantique des Cantiques : mon bien-aimé est tsah, pur. Nous notons avec un intérêt non dissimulé, que sans le savoir, le judaïsme officiel décèle dans le Lévitique ces notions de Fils/Pur.

 

 

Les deux titres, l’un hébreu, l’autre issu du grec, sont remarquables lorsqu’on les associe. Le premier, Vayyiqra, signifie littéralement IL (YHVH) appela. Le second, Lévitique, fut ainsi nommé dans sa version grecque, car ce livre s’adressait particulièrement aux serviteurs du culte, c'està-dire les lévites. Or la racine du nom de Léviy signifie : « s’attacher à ». Les lévites sont donc ceux qui s’attachent à, sous-entendu Élohim, pour le servir. Cette caractéristique nous la retrouvons lors de l’épisode du veau d’or. Alors que le peuple se corrompait, les lévites se rangèrent pour YHVH, autour de Moshéh.

3

 

« Moshéh se plaça à la porte du camp, et dit : A moi ceux qui sont pour YHVH ! Et tous les enfants de Lévi s’assemblèrent auprès de lui. » (Ex. 32:26)

 

Les lévites furent mis « à part » pour s’occuper du sacerdoce et de tout le travail qui s’y rapportait. Ils remplacèrent les « premiers-nés » de tous les enfants d’Israël qui appartenaient d’office à Élohim, pour le servir. Le plus prestigieux de ces lévites fut sans doute Yohanan haMatbil (Jean l’immergeur) dont le père Zékharyah (Zacharie) était sacrificateur de la classe d’Aviyyah (Abija). (I Chr 24 :10)

 

Si nous associons les deux titres du livre nous pourrions former alors la courte phrase : IL appela tous ceux qui s’attachent à YHVH pour Le servir.

 

Nous pouvons aussi extrapoler cette phrase en disant :

 

Ceux qui aiment Élohim, qui soupçonnent et haïssent l’idolâtrie, qui s’écartent des normes de ce monde enténébré, ceux qui dénoncent le mensonge, ceux qui se méfient, surtout lorsqu’on leur dit « demain (un faux jour) il y aura fête en l’honneur de YHVH » (Exode 32 :4-5) bien qu’il s’agisse d’une supercherie religieuse qui associe une abomination, un veau d’or, sous le couvert abusif du Nom de l’Élohim de la Bible, ceux qui agissent ainsi s’attachent au vrai Élohim. Ils sont choisis et mis « à part » comme les lévites pour se consacrer au Seigneur.

 

Alors, ceux qui veulent rester fidèles à l’Alliance telle qu’elle est définie par Élohim, ceux qui veulent attendre le retour de Celui qui est parti … ceux-là sont « appelés » : car IL appelle ceux qui sont restés attachés, adhérents, fidèles. Ceux-là se séparent des autres, se regroupent pour servir en vérité. Ils entendent la voix de Celui qui appelle et ils reconnaissent sa voix.

 

Chers amis, en notre être profond une question troublante se pose : vis-à-vis de cette réalité spirituelle, suis-je de ceux qui sont restés attachés et qui sont en vérité appelés comme les lévites ? Ou suis-je séduit par un appel et un besoin religieux de type « veau d’or » à qui l’on attribue le Nom d’Élohim, en m’associant au plus grand nombre qui dit : « Demain ! C’est demain la fête en l’honneur de YHVH », ce demain se révélant jour d’idolâtrie, jour où l’Alliance est brisée ? Si c’est le cas, je me serais alors malheureusement fourvoyé dans un dogme divergent, mis au point par une proposition religieuse qui flatte l’émotion, la sentimentalité. Ces dogmes déformants n’ont plus grand-chose de commun avec le vrai Élohim, sinon qu’une pâle usurpation de son Nom, de ses qualités. Le vrai Élohim d’Israël est alors remplacé par une image intellectuelle de Lui-même, par un faux dieu usurpateur d’identité… C’est très embarrassant, car tout en pensant prier le vrai Élohim, il se trouve que je prie une image, une idée que je m’en suis fait, rompant ainsi avec le second commandement. 

 

 

LE VEAU D'OR

 

Tout ce que le peuple d’Israël a vécu, il l’a vécu pour notre instruction. Et pour ce qui nous apparait être une évidente erreur comme le veau d’or, prenons garde que par des effets tout aussi subtils nous ne soyons pas nous-mêmes pris au piège. 

 

Plusieurs pourraient dire au regard de ce sujet appartenant à l’Histoire : « Comment les hébreux ont-ils pu se laisser séduire par cette initiative des plus grotesques ? ». Restons humbles face à cette déconvenue, car sous d’autres formes le christianisme, y compris en notre époque, n’a pas agit autrement que les hébreux dans l’affaire du veau d’or. Nous n’en sommes pas convaincus ! Réfléchissons bien. 

 

« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons–nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n’avons–nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Mt. 7:21-23) 

 

 

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« Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour. » (Ap. 2:4) 

 

L’amour de la Vérité et la fidélité sont des valeurs précieuses. Un Élohim Vivant : un Père pour Ses enfants 

 

Simultanément à la montée de la rébellion au pied du Sinaï, Moshéh reçoit des instructions pour pallier la trahison et réparer la rupture. Un sacerdoce de miséricorde, bien que contraignant, mais véritable monument de « modélisation pédagogique » et de haut niveau d’enseignement dans la sainteté, se proposera au peuple d’Israël afin que ce dernier, malgré sa défection, ne soit jamais séparé de YHVH. Le sacerdoce palliatif aharonique restera la marque forte de l’amour paternel, de la justice et de la fidélité d’Élohim. 

 

La fin du livre de l’Exode est marquée par l’achèvement du tabernacle et la présence de YHVH(Shékhinah) qui se concrétisera par la nuée et le feu qui surplombaient la tente. (Exode 40 :34) 

 

Tout était réuni : matériel nécessaire, sacrificateurs, les rôles étaient distribués, Élohim par une expression issue de Lui-même demeurait parmi le peuple. Le Peuple, objet de toutes les attentions, devait être au bénéfice de ce grandiose dispositif réalisé selon un modèle représentatif de la réalité céleste en cette époque.

 

Jusqu’à là, le travail de mise à disposition du sacerdoce a répondu aux points : qui, quoi, où. Le Lévitique répondra davantage aux questions : comment, quand, pourquoi.

 

Avec le Lévitique tout se met en mouvement… pour favoriser, aider, apprendre le chemin de la sainteté qui permet le rapprochement en vue de l’unité de l’homme et de son Élohim.

 

« Vous vous sanctifierez et vous serez saints, car je suis YHVH, votre Élohim. » (Le. 20:7)

 

Le Lévitique est l’école, l’exposé du principe du chemin de la réconciliation.

 

« Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour le Messie, comme si Élohim exhortait par nous ; nous vous en supplions au nom du Messie : Soyez réconciliés avec Élohim ! » (2 Co. 5:20) 

 

Nous assistons ici à un redémarrage, un rattrapage, par miséricorde, par compassion. Comme un père selon la chair qui s’aperçoit que son fils a fauté, parce qu’il n’est pas encore à maturité convenable pour comprendre ce que son père attend de lui, le père pardonne, mais il met en place une démarche corrective d’apprentissage, une pédagogie adaptée à l’objectif à atteindre et adaptée au caractère de l’enfant. La pédagogie sera toujours positive. C'est-à-dire que quels que soient la réussite ou l’échec, ils permettront à l’enfant de rester attaché à la bonne démarche, au bon chemin. Le peuple était : « peuple au cou roide » alors les règles seront très strictes, il n’y aura pas de place pour l’initiative ou les écarts humains dans le cadre du sacerdoce. Tout y sera précis dans le respect le plus absolu, y compris pour les sacrificateurs et Aharon lui-même. 

 

Le service des sacrificateurs (Kohaniym) consistait donc à assurer les meilleures conditions possibles pour favoriser la « réparation » c'est-à-dire « présenter à Élohim un peuple au cœur bien disposé » pour œuvrer au Royaume de Sa gloire, afin de reconnaitre en fin de parcours pédagogique leur vrai Roi, leur vrai Grand sacrificateur : Yéshoua.

 

Le plus prestigieux de ces lévites fut sans doute Yohanan haMatbil (Jean l’immergeur) dont le père Zékharyah était sacrificateur de la classe d’Aviyyah.

 

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« Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean–Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. » (Mt. 11:11)

 

Quel était son message ? Repentez-vous, préparez-vous, car le Royaume des cieux est proche, le Roi arrive. Ce message de sacrificateurs, de lévites, de ceux qui sont appelés parce que restés fidèles, n’a pas changé. Au contraire il reprend toute sa vigueur. Car si pendant des siècles nous avons entendu : « repentez-vous » pour échapper à la condamnation … la suite de la phrase « le Royaume des cieux est proche » ne faisait plus partie de l’avertissement !

 

Un culte à venir

 

Pour le grand rabbin espagnol du moyen-âge Maïmonide – et nous suivons ce docteur de la Torah dans sa légitime interrogation et perplexité face à ses sacrifices d’animaux - la Torah est un chemin, une dynamique. Elle apprend avec pédagogie à avancer. A ce titre, pour lui, les lois sacrificielles ne pouvaient rester en l’état et devaient évoluer. La Torah est une entreprise raisonnable, elle ne prétend pas assigner à l’homme un rôle impossible mais l’accompagner pas à pas. C’est sur ce principe que les apôtres n’imposèrent pas comme préalable l’ensemble des commandements lourds du judaïsme aux jeunes pagano-chrétiens. Que penser dès lors des cultes sacrificiels d’animaux ?

 

Maïmonide s’est longuement exprimé sur le sujet dans son Guide des égarés 3,32 :

 

« Je sais que de prime abord ton esprit se refusera à admettre cette idée et que tu en éprouveras de la répugnance : Comment supposer des préceptes (les commandements positifs) , des défenses (les commandements négatifs, interdits alimentaires notamment), des actes importants minutieusement exposés, prescrits pour des époques fixes (les sacrifices aux temps prescrits par la calendrier), et qui pourtant n’auraient pas leur but en eux-mêmes, mais dans autre chose, comme si ce n’était là qu’un expédiant imaginé par Elohim pour arriver à son but principal ? Qu’est-ce donc qui l’empêchait de nous révéler directement ce qui était son but principal… »

 

Cette interrogation d’un des plus grands maîtres du judaïsme date de près d’un millénaire ! Qui s’en soucie encore aujourd’hui dans le judaïsme et les mouvements messianiques qui appellent à la reprise des sacrifices d’animaux ? Pour Maïmonide, le culte sacrificiel d’animaux ne serait qu’une concession aux pratiques ancestrales. En effet, les hébreux sortis d’Egypte et concepteurs du veau d’or n’auraient pas compris que leur Elohim n’était pas digne de ces sacrifices. Plus tard, les prophètes d’Israël enseigneront que les prières suffisent, voire dépassent en valeur le sacrifice animal. Pour les tenants de la Nouvelle Alliance en Yéshoua, le sens pédagogique du culte sacrificiel est celui qui permet de percevoir la perfection du sacrifice par l’Agneau d’Elohim.

 

L’objectif premier était donc de drainer, de cantonner, de réglementer ces pratiques. Un temps viendra où elles pourront disparaitre. Ces pratiques ne sont pas le but ultime du culte. Elles servent à abandonner toutes autres formes de cultes en orientant ces sacrifices sur la seule forme de culte authentique. Le geste n’est pas le but en soi, mais une étape nécessaire pour retourner au seul vrai Elohim. L’essentiel demeure de pratiquer la justice et d’être saint en tous lieux de l’espace et du temps, et non point seulement au Temple et aux temps du calendrier liturgique :

 

« Ainsi parle YHVH des armées, l’Elohim d'Israël : Ajoutez vos holocaustes à vos sacrifices, Et mangez-en la chair ! Car je n'ai point parlé avec vos pères et je ne leur ai donné aucun ordre, le jour où je les ai fait sortir du pays d'Egypte, au sujet des holocaustes et des sacrifices. Mais voici l'ordre que je leur ai donné : Ecoutez ma voix, et je serai votre Elohim, et vous serez mon peuple… » (Jérémie 7 :21) 

 

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Le prophète Isaïe avait également perçut l’évolution du culte qui s’adresserait à tous les peuples par le moyen de la prière qui s’inclut dans l’adhérence à l’Alliance et au respect du Shabbat :

 

« Et les étrangers qui s'attacheront à YHVH pour le servir, pour aimer le nom de YHVH, pour être ses serviteurs, tous ceux qui garderont le shabbat, pour ne pas le profaner, et qui demeureront fermes dans mon alliance, Je les amènerai sur ma montagne sainte et je les réjouirai dans ma Maison de prière - leurs holocaustes (olah) et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel* - car ma Maison sera appelée une Maison de prière pour tous les peuples. » (Isaïe 56:6-7) *voir 1 Pierre 2 :5 ; Romains 12 :1 page 5

 

 

Les qorbanoth 

 

La parachah énumère les cinq types de sacrifices, qu’il serait plus pertinent de nommer : « rapprochements », terme issu de l’hébreu « qorbanoth ». Pour s’approcher d’Élohim, pour être en permanence admis dans le corps d’Israël, il était nécessaire de mettre en pratique les règles prescrites par la Torah. 

 

Suivons la lecture : 

 

→ un premier «qorban- sacrifice» est dénommé « Olah » littéralement « la montée » traduit par holocauste, 

 

→ un second est dénommé « Minhah » traduit par don, oblation, 

 

→ un troisième est le « Zévah shélamiym » un sacrifice de rémunération ou de pacification ou d’accomplissement, traduit par communion. 

 

Ces trois premières expressions de « rapprochement » sont de nature volontaire, nous pourrions dire comme étant le résultat d’initiative personnelle, non contrainte, venant du cœur, réalisée dans le souci d’un rapprochement vécu comme nécessaire, agréable, avec engouement de la présence d’Élohim. 

 

→ Un quatrième sacrifice est dénommé « Hattath » soit péché, de nature involontaire, par omission ou par légèreté de parole, 

 

→ un cinquième sacrifice est le « Asham » délit involontaire envers le sacré, ou abus de confiance envers un tiers, fausse déposition, traduit par culpabilité. 

 

Ces deux types de « rapprochement » sont eux de nature obligatoire suite à une cause définie comme une infraction à la Torah. 

 

En somme

 

Ces propositions de qorbanoth-sacrifices nous enseignent, quelle que soit notre situation de conscience devant le Seigneur que nous sommes coupables, et nous le sommes tous, par le péché par inadvertance, par le péché de notre style de vie, etc. Mais aussi dans nos actions de grâce, car nous remercions pour les bénédictions dont nous sommes l’objet. Toutes les situations de notre vie - si nous comprenons bien que toute notre vie est en LUI - sont aujourd’hui couvertes par Le Sacrifice Unique et Définitif qui est l’aboutissement, l’accomplissement, la perfection du sacerdoce au Golgoltha… la réalisation parfaite et ultime de la pédagogie engagée au Sinaï.

 

Car à chaque animal proposé aux qorbanoth, la main de son donateur se posait sur la tête de l’animal pour servir d’expiation.

 

« C’est pourquoi le Messie, entrant dans le monde, dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps ; Tu n’as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens (Dans le rouleau du livre il est question de moi) pour faire, ô Élohim, ton

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vouloir. Après avoir dit d’abord : Tu n’as voulu et tu n’as agréé ni sacrifices ni offrandes, ni holocaustes ni sacrifices pour le péché (ce qu’on offre selon la loi), il dit ensuite : Voici, je viens pour faire ta volonté. Il prend sur lui ainsi la première chose pour établir la seconde. C’est en vertu de ce vouloir que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Yéshoua, une fois pour toutes. » (Hé. 10:5-11)

 

Le Qorban de l’Alliance renouvelée en Yéshoua

 

Plusieurs disent : le tabernacle et le temple sont disparus, et depuis l’an 70, la religion juive ne peut plus bénéficier du service aharonique pour rétablir la communion perdue. Et par ailleurs le Seigneur Yéshoua a aboli toutes ces choses, alors à quoi bon encore nous soucier du Lévitique !

 

Penser comprendre le tabernacle et le sacerdoce aharonique en ignorant la croix d’une part ou penser comprendre la croix sans visiter sa préparation sur le tabernacle et le sacerdoce d’autre part, c’est s’occulter l’accès à la complète vision, à l’entière révélation du Messie, qui était présent tant au Sinaï qu’à Golgoltha. En langage imagé, c’est passer au verdict d’une affaire de justice en ayant jeté le dossier d’instruction.

 

Oui le sacerdoce et ses règles (lois) précises ont atteint leur but, car le Mashiah, l’Agneau d’Élohim et grand Sacrificateur, est venu et a accompli le « rapprochement » ; oui, Il a réalisé la « réparation » définitive à la croix. Oui, Il a érigé un temple aussi définitif fait de pierres vivantes.

 

« Yéshoua leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours, tu le relèveras ! Mais il parlait du temple de son corps ». (Jean 2:13-22 )

 

« et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, en vue d'offrir des victimes spirituelles, agréables à Élohim par Yéshoua HaMashiah » (1 Pierre 2:5)

 

Le texte de I Pierre expose la nature d’un nouveau sacerdoce qui consiste en offrande de victimes spirituelles, offertes dans une maison spirituelle. Vision de Pierre à laquelle Paul s’accorde :

 

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions d’Élohim, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Élohim, ce qui sera de votre part un culte raisonnable ». (Romains 12:1)

 

Le prophète Isaïe avait également perçut l’évolution du culte qui s’adresserait à tous les peuples par le moyen de la prière, qui s’inclut dans l’adhérence à l’alliance et au respect du Shabbat. (voir Isaïe 56 : 1à7)

 

« Et les étrangers qui s'attacheront à YHVH pour le servir, pour aimer le nom de YHVH, Pour être ses serviteurs, tous ceux qui garderont le shabbat, pour ne pas le profaner, et qui demeureront fermes dans mon alliance, Je les amènerai sur ma montagne sainte et je les réjouirai dans ma Maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel ; car ma Maison sera appelée une Maison de prière pour tous les peuples. » (Isaïe 56:6-7)

 

S’il y a matière à dire que « la loi est abolie ( !) » c’est uniquement en termes de sacerdoce transcendé, et certainement pas l’ensemble des lois remises à Israël par Moshéh, que ces lois soient universelles ou attribuées à Israël pour usage sur la terre d’Israël. Effectivement la loi du sacerdoce a changé ; l’épître aux Hébreux précise :

 

« Puis il dit : Voici : je viens pour faire ta volonté. Il abolit ( !) donc le premier (culte) pour en établir un second. » (Hébreux 10:5-9)

 

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L’auteur de l’épître aux hébreux possédait une parfaite connaissance du système sacerdotal. Sa démonstration cite les divers types de sacrifices, déjà vus en Lévitique. En reprenant le Psaume 40 :7-10, il précise que le Père n’a pas voulu ces sacrifices qui furent cependant présentés, mais qu’IL forma un corps d’homme à sa Parole, le Fils, le second Adam, pour réaliser LE sacrifice [Qorban-rapprochement] de réparation et de retour à Élohim. Cet accomplissement rend superflue et réformable, mais non pas caduque dans son principe, la pratique sacerdotale aharonique, pratique qui atteignait son but avec la venue de Yéshoua l’Agneau d’Élohim.

 

C’est volontairement que le mot « abolie » est en italique rouge, car une remarque s’impose : le terme grec [anaireî] traduit par abolie, dans le sens de rendre caduque, est le sens le plus répandu. Toutefois le terme plus conforme à abolir, réduire à rien est [katargésé] utilisé en I Corinthiens 15 :24. Notre mot [anaireî] possède un autre sens non retenu par les traducteurs de nos bibles : c’est « prendre sur soi » prendre une charge à la place de quelqu’un d’autre. Cette traduction semble au regard du Souffle plus appropriée. Le Mashiah Yéshoua a pris sur Lui, dans Son corps, à notre place, d’accomplir l’ensemble des prescriptions sacrificielles pourvues jusqu’alors, par couverture, par des animaux et autres éléments, conformément au Lévitique, à cause des transgressions, jusqu’à ce qu’advienne Celui qui porte toute la promesse, le Consommateur de la Foi. Mais cette fois les péchés ne sont plus simplement « couverts » mais « ôtés ».

 

« Le lendemain, il voit Yéshoua venant à lui, et il dit, Voilà l’agneau d’Élohim qui ôte le péché du monde ! » (Jn 1:29)

 

Ainsi Il a fait la volonté du Père, celle de permettre une parfaite réconciliation à travers Son corps. Le premier culte, ajouté à cause des transgressions, est donc absorbé, réalisé en Lui. De sorte qu’ayant accompli le sacerdoce, Il en détermine une autre forme adaptée à l’excellence atteinte, celle de l’accessibilité au Saint des Saints, au trône céleste à travers le voile maintenant déchiré.

 

Le sacerdoce transcendé selon l’ordre de Yéshoua a aussi démis le mur d’inimitié représenté par le mur d’enceinte du temple, qui séparait pour un temps les circoncis des incirconcis. Il a ouvert aux étrangers d’autrefois l’espérance portée par Israël et a permis de greffer de nombreux goyim parmi les branches d’Israël. Il a étendu l’Alliance et le pardon en nous dédouanant du temple de pierre et de ses prescriptions momentanées, par adhésion au sacrifice suprême de l’Agneau immolé. (Ap. 5 :6)

 

Alors que le sanctuaire de nos cœurs, l’habitation en Souffle du Père et du Fils, soit le siège de sa maison de prière, où nous présentons dans l’intimité retrouvée de sa présence en nous, l’espérance de la gloire, notre corps comme sacrifice vivant d’une bonne odeur qui réjouit le Père. Ainsi nous serons les imitateurs de notre grand Sacrificateur Yéshoua en officiant sous son regard selon son ordre établi à Péssah, à la façon de Melkiy-Tsédéq.

 

« Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera ; nous viendrons vers lui et nous ferons notre demeure chez lui. » (Jean 14:23)

 

« Tu ne désires ni sacrifice ni offrande, Tu m’as formé un corps* ; Tu ne demandes ni holocauste ni victime expiatoire. Alors je dis : Voici, je viens avec le rouleau du livre écrit pour moi. Je veux faire ta volonté, mon Elohim ! Et ta Torah est au fond de mon cœur. » (Ps 40:6-8) (*septante, repris par Hébreux)

 

→ L’accomplissement est parfait 

 

Répondons maintenant clairement à la question : qu’a fait le Mashiah Yéshoua des Qorbanoth des Kohaniym ? Nous savons donc qu’ils sont classés en deux catégories : les sacrifices volontaires de trois types d’expression différents et les obligatoires de deux types différents. 

 

Les volontaires sont de nature animale et végétale sans levain, et sont en partie au bénéfice des Kohaniym, qui, réunis dans l’enceinte, se partagent les mets non consumés. Ils sont de bonne 

odeur, comme un parfum pour Elohim.

 

→ Les obligatoires sont de nature animale, exceptionnellement végétale, non partagés par les Kohaniym et relégués « hors du camp » s’agissant des fautes du Kohen Gadol et de l’Assemblée d’Israël. Ils font également l’objet d’une aspersion de sang totale ou partielle sur les cornes et la base de l’autel, via le doigt ensanglanté du Kohen, à sept reprises. 

 

Qu’en déduire ? Nous savons que Yéshoua a prescrit, à l’occasion de son repas de veille de Péssah, un rituel sacerdotal renouvelé de type volontaire : « J’ai ardemment désiré partager ce repas avec vous… ». De nature animale (Son Corps) mais via un vecteur végétal, ce qorban fut partagé entre tous, dans la demeure d’un Kohen servant au Temple. Il réunit toutes les caractéristiques des qorbanoth de la catégorie volontaire. Préalablement, le parfum répandu sur son corps (Matthieu 27 :6) nous atteste que nous sommes en présence d’un qorban de « bonne odeur ». Quelques heures plus tard, Yéshoua, vendu pour quelques sicles d’argent, répand sur l’autel de la croix, son sang. Il est alors hors du camp et ses mains (donc ses doigts) et ses pieds répandent le sang sur les cornes et à la base de cet autel. 

 

Préalablement et symboliquement, son sang fut présenté aux disciples-Kohaniym dans une coupe, dont il dira : « Père, éloigne de moi cette coupe ! ». Ce sacrifice n’est plus volontaire, il est vécu comme obligatoire et contraint. 

Hors du camp, en dehors des enceintes de la ville, ce qorban présente toutes les caractéristiques des qorbanoth de la catégorie « obligatoires ». 

 

Notons que dans tous les cas, l’offrande est sans défaut. Yéshoua réunit donc en sa personne, tous les types de qorbanoth. La Torah a même prévu au travers du Hattath, un qorban pour le péché du Kohen Gadol et celui de l’Assemblée d’Israël (à traduire ici par la Qéhiyllah de Yéshoua alors en plein désarroi et reniement) : intelligence et prescience du culte aharonide, Yéshoua a donc présenté un sacrifice pour son « propre péché de Kohen Gadol » (en fait, celui qu’Il portait pour les autres !) et pour le péché de sa sainte Qéhiyllah en gestation.

D’autres analogies entre la crucifixion et son préalable à l’occasion du dernier repas, et les qorbanoth de Moshéh restent possibles et mériteraient d’être explorées avec attention et Souffle. Notons par exemple que le 5ème type de qorbanoth, le Asham prévoyait une évaluation et compensation en sicles d’argent du « sacrifié », dans le cadre d’un péché envers les « droits sacrés de Elohim », soit un détournement des fonctions et de l’économie du sanctuaire. Incroyable : c’est au prix de ces mêmes sicles d’argent, que les autorités du Temple ont acheté la victime expiatoire Yéshoua, comme pour couvrir leur péché de détournement des choses saintes consacrées à l’Adonaï Elohim !

 

En guise de conclusion provisoire, essayons de poser un nouveau regard sur la sainte cène ou sainte commémoration. En effet, la sentence de notre Seigneur « Faites ceci en mémoire de moi chaque fois que… » résonne différemment et s’éclaire d’une lumière intéressante, en considérant que ce « rituel » est une synthèse parfaite et accomplie des qorbanoth du sacerdoce aharonide. Mélange subtil et paradoxal d’un sacrifice volontaire à partager entre prêtres dans la Maison et d’un sacrifice obligatoire à présenter sur l’autel mais à ne pas consommer, il est la résultante de ce qu’Abraham (via la ligature d’Isaac), Moshéh et les prophètes connaissaient déjà : le sacrifice animal n’était pas une fin en soi et devait être sublimé. 

 

Notre réflexion éclaire aussi d’un jour nouveau les débats sur la reprise attendue aux temps messianiques des sacrifices d’animaux. Cette option est tenue par les tenants d’un judaïsme orthodoxe et par certains mouvements évangéliques-messianiques. Pour autant, voilà plus d’un millénaire que Maïmonide (respecté par ces mêmes acteurs) a scrupuleusement établi la nécessaire évolution et l’inévitable dépassement de ce culte sacrificiel. Sans pensée polémique, nous ne nous expliquons pas la posture paradoxale.

 

Notre réflexion éclaire également d’une interrogation nouvelle, le débat sur la fréquence authentique de ce rite renouvelé en Yéshoua. Est-il connecté au seul repas de Péssah sur lequel il prend effectivement appui ou est-il connecté aux cinq qorbanoth prescrits par Moshéh pour le quotidien du peuple et des Kohaniym ? Que chacun ait une pleine assurance de sa propre conviction dans l’étude sereine de cette portion de Torah et dans la paix du Shabbat.

 

Shabbat Shalom véshavoua tov

 

 

PAR BLOG KEHILA VUE PAR OMADI SAMUEL LE MESSAGER.

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